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  • Photo du rédacteurLe cercle D.E.litt

Ce qu'il reste à faire

Autrice/Marie de Chassey/Lu pour vous par Coline


Fiction littéraire qui aborde la question du temps qui reste.

C’est l’histoire bouleversante d’une mère, Florence, qui contre avis médical, retire sa fille d’une vingtaine d’année, Judith, de l’unité de soins palliatifs pour l’accompagner  au domicile familial.

Déterminée à  accomplir pour elle « tout ce qu’il reste à faire », faire en sorte qu’elle ne manque de rien… parce que, elle, elle sait ce qui est bon pour sa fille. Elle lui consacre tout son temps, lui concocte de petits plats, assure les soins du quotidien et tente de la divertir jusqu’à l’abnégation.


Theo, un infirmier de l’unité, en charge des soins médicaux, passe  régulièrement. Elle lui concède des pauses café au cours desquelles ils échangent. Elle « raconte » mais ne questionne pas. C’est elle qui sait, Judith est mieux à la maison.


Lors d’un passage Théo informe Florence qu’il serait souhaitable d’envisager une hospitalisation. Elle rétorque « si ma fille n’était pas bien  elle me le dirait non ? ». La réponse tombe «  et si vous preniez le risque de lui poser la question ? ». Mais elle fuit ce rappel à la réalité et puis… elle sait.


Elle se surinvestit, la relation mère fille s’altère, la communication se complique. La souffrance augmente, la gestion des morphiniques est insuffisante. La douleur devient trop prégnante et au  cours d’une toilette, Judith hurle, s’insurge, rejette sa mère.  La jeune femme s’adresse à l’infirmier plutôt qu’à sa mère pour exprimer sa lassitude.          

Florence perd pied, épuisée, dépassée. Désemparée, elle appelle Théo , confie son désespoir et …respecte le  choix de sa fille.


Ce récit poignant et tragique est juste et profondément humain. Entre chaque chapitre, les comptes rendus médicaux soulignent l’évolution de la maladie, l’inéluctable dégradation. Les certitudes s’étiolent le jour où l’être est à bout, que plus rien n’est possible, qu’il faut accepter l’inconcevable et écouter la part désirante du malade et le confier à d’autres mains. Le patient souffre, l’aidant aussi, autrement.


Le temps qui reste est un temps de vie qui appartient au patient. Comment se tenir à la juste distance pour lui permettre d’exister quand l’amour, le déni, les certitudes et les émotions étouffent la prise de conscience pour accepter de passer le relai ?


Le sujet est terriblement tragique mais  j’ai lu le livre jusqu’au bout, presque d’un trait ; dépourvue de tout jugement,  je me suis prise d’empathie pour cette mère et sa fille en détresse.

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