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Génération offensée

Mis à jour : janv. 11

De la police de la culture à la police de la pensée


Autrice / Caroline Fourest

Lu pour vous par Rose-Lire


Essayer de parler de cet essai revient à évoquer son auteure, personne brillante et courageuse défendant depuis longtemps une gauche laïque et universelle.

Ici, elle va évoquer dans son style enlevé, clair, précis, les groupuscules obscurantistes qui menacent, censurent pour combattre « l’appropriation culturelle » raciste et néfaste selon eux.

Elle commence par le récit de petits incidents provoqués par des individus criant au racisme, perturbant des cours de yoga au Canada, accusant les professeurs de piller la culture indienne, interdisant les menus asiatiques dans les cantines pour les même raisons, exigeant des excuses de la part de people blancs ayant osé une coiffure afro, des dreadlocks ou de petites tresses dites africaines.

Puis, on sent la montée de la violence dans ce chœur d’ignorants qui s’en prennent au montage d’une pièce d’Eschyle racontant le périple des Danaïdes, peuple de Libye et Egypte venu se réfugier chez les Grecs. Dans la mise en scène, les Grecs ont des masques blancs et les Danaïdes ont un masque cuivré quelle que soit leur couleur de peau. La Compagnie, spécialisée dans les tragédies grecques a pourtant dû abandonner son montage.

Et où ça ? à Paris ! Pourtant les directeurs de théâtre sont beaucoup moins frileux en France qu’outre Manche ou outre Atlantique .

Maints exemples d’obscurantisme sont cités, les conférences appelant au débat ne peuvent se tenir, les profs ne peuvent plus s’exprimer sans soulever des huées ou des polémiques mais pas en face : sur les réseaux sociaux où les grands pourfendeurs du racisme sont en fait des individus sans culture, sans désir d’écouter une autre croyance que la leur et persuadés qu’il faut briser tous ceux qui ont des opinions différentes.

De plus, ils poussent des cris d’orfraie quand un acteur non juif joue le rôle d’un juif, un homosexuel le rôle d’un hétéro et vice versa. En fait, les acteurs doivent se cantonner à leur propre rôle. Quelle pauvreté en perspective !
 Caroline Fourest est une battante ; elle ne peut faire ses conférences à l’étranger que protégée et réussit malgré tout à faire entendre sa voix.
 Mais la fin de son livre est pessimiste : elle voit que beaucoup d’enseignants baissent les bras, évitent les sujets qui fâchent pour se protéger et laissent l’obscurantisme gagner.

Ce livre a été écrit avant mars et malheureusement les faits, avec l’assassinat de Samuel Patty, n’ont fait que lui donner raison !

Un essai salutaire, facile à lire, qui fustige la bêtise, l’ignorance, ça fait vraiment du bien en ces temps troublés !




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