Les bouchères
- Le cercle D.E.litt

- 2 avr. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 juil.
Autrice/Sophie Demange/Lu pour vous par Leserin et Coline
L'avis de Leserin
Elles sont trois ! Comme les Trois Mousquetaires, Les Trois Glorieuses et les Trois Petits Cochons.
Justement, regardez la couverture….et vous avez presque tout le roman qui s’y trouve !
Donc je vous présente Anne, Stacey et Michèle. Il y a des couteaux et un cochon ! Du noir et du rose.
Anne, est fille de boucher, dans un quartier bourgeois de Rouen. A la mort de son père, elle va reprendre la boucherie. Elle va donc entrer dans un monde réservé aux hommes !!
Imaginez-la : Blousons de moto, tee-shirts amples, Dr. Martins aux pieds, cheveux bruns coupés courts à la garçonne.
Heureusement au centre de formation elle est se trouve dans le même groupe que Stacey, fine et frêle, faux ongles bleus, 1,60m, rousse, rouge à lèvres fuchsia, fard à paupières pailleté. Elle est arrivée là par hasard. La viande, ce n’est pas trop son truc. Les cochons…ça, elle connaît ! Une amitié à la vie, à la mort va naître entre elles. Toutes deux passent leur CAP, Anne major de promo et Stacey en troisième position.
Anne réaménage la boucherie,..en rose, avec au centre le billot sur lequel on découpera et transformera les viandes….de boucherie. Autour du billot, des tabourets de bar comme dans une bijouterie. Anne recontacte Stacey, elle travaillait au rayon boucherie d’une grande surface.
Et la troisième ? Voici Michèle, originaire de Guinée, arrivée là aussi par hasard, certes avec un CAP restauration, très souriante, un bon bagout, un franc-parler et un humour tranchant. Voilà notre trio de formé.
Et les couteaux, allez-vous me dire ? Oui, les couteaux, Stacey « jongle » avec eux, elle est une artiste de la découpe.
Et le cochon ?? Normal dans une boucherie, vous y trouverez aussi du bœuf, du veau, de la volaille, le tout découpé avec amour et de toute première qualité et présenté avec talent.
Et le cochon sur la couverture ? Cela, je vous laisse le plaisir de la découverte. Vous connaissez la phrase « dans le cochon, tout est bon » ! Et nos trois bouchères, les cochons, ça elles connaissent !
Et pourquoi le noir sur la couverture ? Parce que la vie n’est pas toujours rose ???
Le quartier bourgeois de la boucherie est en émoi, car trois femmes dans une boucherie, pas un seul homme…bizarre ! Mais nos bouchères font un triomphe, au grand dam de quelques commerçants jaloux. Mais un jour….
J’ai adoré ce texte présentant des parcours de vie riches en traumatismes, compensés par un humour rose et noir. Comment arriver malgré tout à se reconstruire ?
Trois belles femmes, et trois personnages masculins pleins de tendresse.
L'avis de Coline
Une première de couverture parlante
Un roman percutant et féministe ; il nous raconte l’histoire de trois jeunes femmes au passé
douloureux qui vont se reconstruire par le biais du travail mais pas n’importe lequel.
Nous sommes à Rouen, dans un quartier huppé. Anne reprend la boucherie de son père
disparu, accompagnée de Stacey rencontrée au lycée où elles ont passé leur CAP.
Puis viendra Michèle, jeune guinéenne « expédiée » en France par son père.
Leur rencontre n’est pas fortuite. Elles se « reconnaissent » : elles ont subi la violence des
hommes. Quand même tous ne sont pas des prédateurs. Nour, un jeune journaliste timide et réservé, amoureux d’Anne, a su trouver sa place auprès de ce trio haut en couleurs. Parti
pour écrire un article sur ce commerce hors du commun, il fait preuve d’une attitude digne
de confiance.
Des femmes bouchères ! Personne n’y croit, c’est un métier d’homme. Or, c’est sans compter sur la volonté et la persévérance de ces trois amies. Elles pratiquent la boucherie comme un art dans un cadre original, joyeux et convivial. En cassant les codes, elles suscitent la curiosité et parfois les ragots.
Les langues vont bon train quand des hommes du quartier disparaissent et, au comble, depuis leur arrivée. La police enquête, les regards se font suspicieux, le commerce s’en ressent. Et si les bouchères ne vendaient pas que de la viande animale ? Elles auront à en répondre.
Ce récit n’est pas véritablement un polar même s’il présente un aspect un peu gore et une
dose d’humour noir. Malgré la lourdeur du sujet, il a un côté excessif et cocasse. Les investigations ne sont pas l’essentiel. Le début pose le décor , le rythme soutenu repose sur des révélations progressives, l’écriture est imagée. On s’y croirait !
Il met en exergue la vengeance, la sororité, l’amitié et la résilience. Il relève plus du règlement de compte que du militantisme féministe auquel cas il y aurait un réel danger pour une partie de la gente masculine.
Divertissant, ce livre se lit vite. Il est particulier, n’hésitez pas à apprécier son originalité.




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