Compte-rendu de la rencontre livres du 27 juin
- Le cercle D.E.litt

- il y a 4 jours
- 5 min de lecture
Par une canicule historique, les membres du cercle de lecture Delitt, ainsi qu'une nouvelle participante très motivée, se sont retrouvées à Revel, sous les arcades au Gout'thé, salon de thé fort accueillant où chacune parla livres en dégustant des boissons bien fraîches ainsi qu'un délicieux cake maison.
Les ouvrages furent ensuite présentés, même si certains avaient déjà eu droit, il y a longtemps à des commentaires dans notre blog car les nouvelles visions des histoires ont toujours quelque chose de neuf et de frais.
Ainsi 📚 Les Bouchères de Sophie Demange, roman percutant et féministe, pas vraiment polar mais quand même...!
Anne a hérité de la boucherie de son père. Avec l'aide d'une amie retrouvée, elle rénove et remet en marche ce commerce. Une autre jeune femme est embauchée et l'on comprend que ces trois personnes ont eu une enfance dure et ont subi la violence des hommes.
Le travail est difficile et les clients ont du mal à comprendre comment des femmes peuvent exercer un tel métier.
De plus, dans le quartier, quelques notables disparaissent... le suspense s'installe : est-ce bien de la viande animale qui est vendue là ?
Une grosse dose d'humour noir emplit cette histoire divertissante, prenante et jubilatoire.
📚 Le gardien du camphrier de Keigo Higashino, roman du maître japonais, qui n'est pas cette fois un polar mais contient sa dose de suspense.
Le jeune Reito a eu une vie très difficile. Son père mort, ainsi que sa mère, il est élevé par une grand-mère qui disparaît aussi rapidement.
Livré à lui-même, il commence à faire des bêtises qui risquent de le mener en prison quand une vieille tante, demi-sœur de sa mère apparaît et l'instaure gardien d'un sanctuaire où se trouve un gigantesque camphrier «magique» qui peut retransmettre à des personnes de même sang des souvenirs qui lui ont été confiés.
En rencontrant de nombreux personnages, en prenant de l'assurance, Reito va révéler son intelligence et son humanité.
Deux thèmes sont traités en finesse : l'héritage des liens du sang, très japonais mais aussi les pertes de mémoire irréversibles...
📚 Ketsudan de Motteler et Mud. Splendide BD œuvre d'art, très japonaise bien que les auteurs soient français. Deux jeunes gens Harumi et Natsumé sont promis l'un à l'autre mais voilà que le shogun élève le père de Natsumé à un poste que va envier le père de la jeune fille et insulter gravement le vieil homme.
Natsumé devra donc défendre l'honneur de son père... Gardera-t-il l'amour de sa belle ?
En fait, les deux auteurs ont transposé le Cid de Corneille dans un Japon médiéval en gardant carrément les alexandrins parfois modifiés pour les consonances des noms japonais mais en ajoutant d'horribles créatures à combattre pour notre jeune héros à la place des Maures.
Un vrai chef-d’œuvre flamboyant en cinq actes.
📚 La fille de la fabrique de Georges-Patrick Gleize.
L'action se passe à Martres-Tolosane. La narratrice reprend la faïencerie de son père malheureusement assassiné. Elle veut aussi retrouver son assassin...
La jeune femme raconte son enfance avec de jolies comparaisons. C'est un roman de terroir très agréable à lire.
L'auteur est un habitué du salon du livre d'Avignonet et il est toujours reçu avec grand plaisir.
📚 La ligne de partage de Nicholas Evans. Dans le Montana, un père et une fille partent faire du ski mais après une chute dans un torrent, ils trouvent, pris dans des glaces, le cadavre d'une jeune fille recherchée depuis longtemps pour un meurtre qu'elle aurait commis.
Ce n'est pas un polar mais on se replonge dans le passé de la jeune fille, sa famille et les gens qu'elle a rencontrés. Comment cette jeune fille en rupture avec sa famille va suivre un jeune homme plutôt marginal, squatter une maison et tuer l'occupant... L'intrigue est compliquée mais prenante car le style est simple et captivant.
📚 Été 1974 de Line Séverac. Cette sympathique autrice régionale nous avait déjà captivés par son Retour de taxi et l'action de son nouveau livre se passe aussi dans le Lauragais. Mais il est bien différent. C'est en apparence un roman d'amour où l'héroïne Lisa qui a 20 ans en 1974, vit dans le village de Montferrand bien entourée de sa famille et de ses amies. Or, le jour de la fête locale, elle a un coup de foudre pour un musicien «étranger» puisqu'il n'est pas du coin. Sur fond d'histoire d'amour, le roman nous entraîne dans la société de l'après 68, les femmes liées par les diktats de l'époque, la pilule qui tâtonne et fait peur, etc...
Avec habileté, elle nous plonge dans la vie du village avec deux registres de langue : le parler des copines, les expressions de l'époque et un style plus soutenu dans les descriptions des sentiments, des paysages...
Quand on a un certain âge, on se retrouve vraiment dans ce livre travaillé et fort intéressant. Une belle réussite!
📚 Mamie Luger de Benoît Philippon. Un inspecteur de police met en garde à vue une vieille dame de 102 ans qui a tiré sur la brigade venue l'arrêter avec un Luger datant de la guerre.
Lors de son interrogatoire, il apparaît que la cave de la mamie est vraiment remplie de monde. Elle racontera ses crimes toujours très justifiés pour se venger d'hommes qui n'ont aucun respect des femmes. Le Luger lui vient de son premier mari.
Le livre est extrêmement drôle, déjanté mais c'est un précurseur de la révolte des femmes.
Ce roman bien connu est devenu classique.
📚 Gens sans tombe de Enes Halilovic. En Yougoslavie, un jeune homme, Sémir orphelin de père et de mère, part à la recherche de ses origines. Son père a été tué en cavale après avoir commis une tuerie, et sa mère était morte en couches. C'est donc un roman d'apprentissage où l'on voit grandir Sémir au milieu de personnages divers et particuliers.
La construction est parfois difficile, déroutante, le roman est spécial, loufoque, plein d'imagination et remarquable, ressuscitant les morts d'un pays traumatisé.
📚 La tournée de Maxime Rossi . Un premier roman de cet infirmier devenu libraire. Il raconte sa tournée chez ses patients. C'est vraiment intéressant, authentique, profondément humain.
📚 La librairie Morisaki de Satoshi Yagisawa. Déjà chroniqué en 2024, ce roman sobre raconte l'histoire très japonaise d'une jeune femme quittée par son compagnon qui choisit une autre jeune fille pour se marier. Dans une grande déprime, elle perd son travail, son logement et part chez un oncle libraire qui lui permet de dormir sur le tatami d'une réserve de livres. Elle va s'ouvrir à la lecture et ainsi remonter la pente. C'est un roman apaisant, tranquille qui apporte du réconfort.
📚 Je suis drôle de David Foenkinos. On retrouve ici le style plein d'humour mélancolique de cet auteur doux amer.
Cette fois, le héros adore faire rire, se trouve amusant depuis l'enfance et décide de faire sa carrière dans les cabarets.
Mais rien ne se passe comme prévu, ses tentatives pour amuser font un flop.
Le roman fait du bien et offre un bon passe-temps pour l'été.
Après ces présentations fort intéressantes, le groupe est allé visiter la librairie du Beffroi, nouvellement agrandie, bien structurée, climatisée, magnifiquement décorée avec de beaux objets et bien sûr papeterie et livres en tous genres joliment présentés.
Blandine et Sarah ont vraiment réussi la transformation de leur commerce en havre de paix, régal des yeux et accueillant.
Les membres de Delitt ont bien apprécié la visite et sont reparties chargées de livres en se promettant de revenir.
Mais là, les vacances vont mettre les rencontres en sommeil, toutefois le blog continuera sa publication de chroniques en attendant les retrouvailles prévues pour le samedi 26 septembre.





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