L'homme qui lisait des livres
- Le cercle D.E.litt

- il y a 7 heures
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Auteur/Rachid Benzine/Lu pour vous par O'no
Dès le début du récit on est plongé dans les contrastes. Alors que le soleil darde ses rayons sur les étals dans une belle explosion de couleurs et de senteurs, les monceaux de gravats, les immeubles éventrés, les chemins défoncés ramènent à la dure réalité de la guerre. Nous sommes dans Gaza où la vie se résume à « un bal grotesque où les vivants ne sont plus tout à fait vivants mais pas encore tout à fait morts ».
La rencontre improbable entre un jeune journaliste, en quête d’une photo insolite pour son journal, ce vieil homme gardien protecteur des livres, donne lieu à raconter Gaza non pas dans un récit historique mais dans un acte mémoriel.
«Cette terre est une terre labourée de haines empilées, de tristesse recouverte de tristesse». Ainsi parle ce passeur de mémoire racontant les errances de camp en camp, les espoirs toujours déçus de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives jamais atteintes. Né d’une mère musulmane et d’un père chrétien, le vieil homme acceptera d’être photographié à la condition que le jeune homme écoute, jusqu’au bout, son récit entrecoupé de citations et de références à des ouvrages parmi les meilleurs de la littérature. Car, l’unique espoir réside dans les livres garants de ce que l’homme a de plus précieux dans sa faculté à réfléchir, à toujours rechercher la vérité, à ne rien comprendre pour mieux revenir à l’ouvrage et travailler à se dépasser.
Ce livre de seulement 120 pages est d’une grande intensité. Le récit est poignant et rempli d’humanité. Le choix des mots est juste et percutant. Le style d’écriture avec des phrases courtes voire très courtes m’a séduite. Il donne au récit un souffle qui ne faiblit pas. Je recommande cette lecture.




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