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  • Photo du rédacteurLe cercle D.E.litt

Le patriarcat des objets

Autrice / Rebekka Endler/ Lu pour vous par Clothilde Le sous-titre de cet ouvrage est « Pourquoi le monde ne convient pas aux femmes ». Tout un programme. L’achat de ce livre a une histoire, j’étais dans la librairie Ombres blanches quand il est apparu sur une pile de livres, je le feuilletais quand je fus appelée par mon patron et dus rentrer toute séance tenante. Trois jours plus tard, une autre librairie (que je vous recommande chaudement à Toulouse, Terra Nova qui possède un très beau fonds de littérature féministe et politique) et le livre à nouveau qui me fait de l’œil. Je ne pouvais cette fois que l’acheter. Bref ! L’autrice est allemande mais ce qu’elle décrit peut être parfaitement extrapolé à la France, tant la mondialisation a aussi touché le design. Car il traite bien de la question du design et du design social et plus particulièrement du fait que beaucoup d’objets sont sans que nous nous en rendions compte « genrés ». Nous ne sommes pas dans de la littérature militante mais davantage dans de la littérature d’alerte, de prise de conscience. Deux idées me semblent particulièrement intéressantes dans cet ouvrage très riche et bien documenté sans tomber dans la thèse universitaire. Le genre masculin est par construction le genre neutre.


Vous pourriez me dire « et alors ? ». Alors cela laisse à penser aux femmes qu’elles sont par nature « une exception » qui requiert un traitement particulier. Elles doivent donc faire leur place. Un exemple ? Lors de la pandémie, avec la fermeture des bars, les femmes ont vu l’accomplissement de leurs besoins naturels complexifiés par l’absence de WC publics adaptés. Là où les WC pour hommes sont la norme, notamment avec les stations de plein air qui fleurissent un peu partout (surtout à l’approche de grands évènements sportifs !). La seconde idée est que pour les designers, la femme est un homme en miniature. Cela donne des pages assez drôles sur les robes d’avocates qui sont juste des robes d’hommes raccourcies sauf que les carrures n’ont rien à voir et donc, la femme se retrouve comme déguisée.

Plus tragique, il a fallu attendre le début des années 2000 pour que dans le cadre des crash-tests pour contrôler la sécurité des voitures, le corps de la femme soit matérialisé dans toutes ses dimensions et notamment les seins et la conformation du bassin. Combien de conséquences graves d’accident de la route auraient pu être évitées si la femme n’avait pas été juste considérée comme un homme en modèle réduit.

Ce livre ne vous invite pas à l’apitoiement et encore moins à la haine vis-à-vis de l’autre sexe, il met l’accent sur des aberrations, sur un patriarcat qui vient se nicher dans des détails qui peuvent paraître insignifiants. Il invite à prendre sa place dans l’espace public, à revendiquer une vraie neutralité des objets.



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