top of page
  • Photo du rédacteurLe cercle D.E.litt

Le portrait de mariage

Autrice/Maggie O'Farrell/Lu pour vous par Rose-Lire


Déjà la couverture de ce magnifique roman est un plaisir des yeux avec cet élégant fond violet sur lequel on distingue les reflets dorés d'un tigre sous de belles plantes. Sous le cartonnage bien doux, c'est une profusion de couleurs, de chardons, de serpents qui entourent le tigre et il me semble que cette création remarquable est un clin d’œil aux tableaux foisonnants que peint l'héroïne obligée de les recouvrir de natures mortes plus banales pour ne pas s'attirer les foudres de sa famille, de son époux ou de la cour.


Cette héroïne est Lucrèce de Cosme de Médicis qui ne vécut que seize ans de 1545 à 1561.

Roman historique pourrait-on dire mais Maggie O'Farrel lui redonne vie avec le talent qui la caractérise. Elle nous entraîne dans ses pas, nous fait partager ses angoisses, sa solitude, son goût de la beauté et nous laisse pantelants d'émotion.


D'emblée, le premier chapitre nous montre Lucrèce, 16 ans, chevauchant vers un château isolé en compagnie de son mari qu'elle soupçonne de vouloir la tuer.

Et nous allons revenir en arrière pour suivre la vie de cette jeune fille dans cette Renaissance italienne où les grandes familles ne songent qu'au pouvoir, au faste, à la richesse par des alliances ou des guerres sanglantes.


Lucrèce est la troisième fille du grand-duc de Toscane, elle n'a donc aucune importance car ses frères aînés sont éduqués pour régner, ses sœurs pour épouser de grands personnages et de toutes façons, sa famille ne l'aime guère et la relègue aux servantes des cuisines puis des nourrices. D'une rare intelligence, elle apprend beaucoup de choses silencieusement avec sa fratrie dans la salle de classe appelée pouponnière. Elle écoute, parle peu mais dessine et observe...


Sa vie va basculer avec la mort de sa sœur aînée Maria qui était promise en mariage au duc Alfonso d'Este de Ferrare. Sa deuxième sœur étant déjà promise, c'est elle, à 13 ans, qui devra épouser le duc et lui faire les héritiers qu'il attend !


Sans jamais ennuyer, l'autrice excelle dans des descriptions délicates et poétiques que ce soit des collines de Toscane que Lucrèce voit seulement à sa fenêtre, de la fameuse tigresse capturée pour le plaisir du grand Duc, enfermée dans une cage et «qui porte sur son corps les barres verticales d'une geôle ...comme destinée à la captivité depuis le départ».

Cet animal prisonnier préfigure Lucrèce, me semble-t-il, mais la jeune fille par son esprit, sa curiosité, son empathie pour les gens quelles que soient leur origine va s'évader grâce à son intelligence, son imagination et nous entraîner dans sa luminosité...


Ce roman est magique : il part d'une histoire vraie mais comme dans Hamnet qui imagine la vie d’Agnès, femme de Shakespeare, nous sommes transportés, émus devant ce récit poignant et cette nouvelle héroïne restera longtemps dans notre imaginaire, d'autant que la fin extraordinaire, amenée avec brio nous laisse émerveillés et satisfaits.

Cette autrice est vraiment à suivre et ne manquez pas cet éblouissant roman, œuvre d'art à tous points de vue.




28 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page