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  • Photo du rédacteurLe cercle D.E.litt

On m'appelle Demon Copperhead

Autrice/Barbara Kingslover/Lu pour vous par Rose-Lire


Roman intense, foisonnant, suivant de façon assumée, la trame du livre de Dickens, David Copperfield, cependant l'autrice installe son héros dans un coin reculé des Appalaches au temps de l'Amérique de Reagan mais très semblable de celle de Trump.

Dans cette histoire coup de poing, récompensée par de multiples prix dont le Pulitzer, rien ne laisse indifférent.


Le héros raconte sa vie avec une verve, une gouaille plaisante malgré les nombreux malheurs auxquels il sera confronté. Et un immense bravo à la traductrice Martine Aubert qui a su restituer ce style époustouflant.


«Déjà, je me suis mis au monde tout seul.» C'est la première phrase de ce roman où l'on apprend que la jeune mère était totalement hors du coup puisque droguée.


Et ainsi on suit le récit de Demon sur son enfance malheureuse, pratiquement abandonné, puis la maltraitance d'un affreux beau-père. Il sera livré à des services sociaux incapables, à des familles d'accueil sans amour ni humanité cherchant plutôt des esclaves à mettre au travail ou à récupérer un peu d'argent.


Pourtant cette lecture n'est pas plombante : quelques personnages bienveillants apparaissent et Démon sait se moquer de lui-même, se décrire sans concession, avec humour et nous apparaît très grand, très beau, plein d'élégance et d'intelligence, un diamant comme le surnomme un de ses mauvais copains.    


Une éclaircie va apparaître quand notre adolescent est remarqué par un coach qui va le préparer pour devenir une vedette du football américain. Hélas ! C'est la blessure et la descente infernale vers l'addiction aux médicaments et à la drogue qui, dans cette partie du Nebraska ruine bien des vies.

Et Demon sombre dans la déchéance surtout d'ailleurs en raison de son amour pour une jeune beauté qui n'apparaît pas sympathique au lecteur, me semble-t-il. Pour être honnête, il faut avouer que cette partie est vraiment longue avec les descriptions de la quête de la drogue, de médicaments auprès de docteurs véreux pourtant tout est réaliste, bien décrit avec cette critique constante de la société américaine plus inégalitaire que jamais, poussée vers vers l'ignorance et le vide de l'esprit.


L'autrice nous montre bien l'homophobie, les mentalités totalement racistes avec le merveilleux couple de professeurs qui aidera le jeune homme à émerger ; tous deux instruits, cultivés, humains mais en butte à la malveillance de la société car elle blanche et belle vit avec ce  noir  méprisé pour sa couleur.


Barbara Kingslover a déjà écrit des romans remarqués devenus classiques comme L'arbre aux haricots racontant l'émancipation d'une jeune femme dans une Amérique néfaste aux miséreux, ou Les yeux dans les arbres. Ce sont des histoires inoubliables  mais là, tout de suite, c'est Dickens que je vais relire car j'ai oublié bien des péripéties de David Copperfield et ce sera un plaisir de comparer.

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