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  • Photo du rédacteurLe cercle D.E.litt

Les sources

Autrice/Marie-Hélène Lafon/Lu pour vous par Rose-Lire


Ayez le courage, car il en faut, de lire ce court récit perturbant d’une famille dans une ferme du Cantal débutant dans les années soixante.

L’histoire coup de poing d’une femme violée, battue, insultée à longueur de journée par un mari sans cœur, égoïste, méprisant qui n’hésite pas à déprécier ses enfants surtout les deux derniers.

Dans son style âpre, composé de phrases ultracourtes, sans laisser de place au sentimentalisme, cette autrice qui m’avait saisie avec «L’histoire du fils» nous livre ici un thème bien différent avec le calvaire d’une femme mariée banalement et finalement sans amour à un homme assez monstrueux.

Sa façon de raconter est extraordinaire avec ses paragraphes pleins de diffractions. C’est le mot qui me vient à l’esprit car nous sommes au présent dans le point de vue de la femme sur ses problèmes (le mot est faible) et on passe au passé dans le même paragraphe avec une aisance sidérante sans jamais perdre le sens du récit.

Mais la deuxième partie est abordée du point de vue de l’homme et le lecteur reste stupéfait par l’aplomb, la suffisance de ce personnage haïssable et pourtant on s’interroge sur le caractère de cette femme, sur le point de vue de l’entourage qui semble voir ce qui se passe mais se borne à se voiler la face ou à donner quelques conseils qui finalement frôlent le mépris...


Une lecture dont on ne sort pas indemne mais qu’on ne regrette pas. Elle a évoqué pour moi, le livre de Faulkner «Le bruit et la fureur» que j’avais eu tant de mal à lire dans ma jeunesse, mais Marie-Hélène Lafon est limpide dans son style pourtant bien particulier et l’horreur touche d’autant plus.

Cette autrice est vraiment une grande dame qui finira dans les classiques.




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