Une pieuvre dans la tête

Auteur/Pascal Dessaint/Lu pour vous par Rose-Lire
Le premier roman de cet auteur de thrillers, paru en 1994, est intéressant à plus d'un titre. L'intrigue peut paraître banale au départ avec un homme, Julien, habitué à tromper sa femme, qui suit une rousse aguicheuse très belle mais très louche. Très vite, on est happé par l'originalité des personnages.
Deux policiers vont être chargés d'élucider des crimes en série où l'on retrouve des troncs sans tête mais nous, lecteurs futés, avons compris dès le premier chapitre que le pauvre Julien n'allait pas s'en sortir et que la criminelle allait le débiter en morceaux.
L'enquête piétine car les deux enquêteurs sont plus préoccupés par leur vie personnelle difficile que par leur recherche mollassonne. En effet le commissaire a eu un bébé qu'il ne voulait pas, n'aime pas et il se demande s'il ne vaudrait pas mieux quitter sa femme. L'inspecteur, lui, est obligé de garder un frère débile léger qu'il enferme, maltraite, pour lui éviter de faire des bêtises. Le pauvre jeune homme le sait : une pieuvre dans sa tête le pousse à commettre des méfaits !
L'histoire est alambiquée avec des références nombreuses à la mythologie, les invraisemblances sont contrebalancées par le réalisme des errances dans Toulouse avec les noms de rues poétiques, les quartiers bien campés et les souvenirs reviennent au lecteur connaissant la ville (Ah ! le toboggan oublié du carrefour Saint-Michel, le restaurant Le Ver Luisant qui lui, existe toujours, la rue de l'Homme Armé...).
L'écriture est maîtrisée avec des changements de registre selon les personnages même si seul l'inspecteur s'exprime à la première personne ; des comparaisons bienvenues et cocasses amènent un humour noir.
Les personnages plutôt glauques, ne sont pas des plus sympathiques mais on veut savoir... et vraiment la fin surprenante vous laissera pantois !
Ce roman noir prometteur augurait bien des nombreux prix qui ont couronné les écrits de cet écrivain bien connu depuis longtemps.




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