• Le cercle D.E.litt

Ceux qui s’aiment se laissent partir

Dernière mise à jour : 23 juin

Autrice / Lisa Balavoine


Une fois n’est pas coutume, deux contributrices ont lu et voulu écrire que ce texte.


Lu par Leserin


«  Tu n’étais pas la mère que j’attendais. Je t’ai couru après, espérée, redoutée. J’ai passé mon enfance à quémander ton amour, et ma vie d’adulte à le refuser » (p.118)

Heureusement que ces deux phrases se trouvent pratiquement à la fin du roman. Auraient-elles été au début, je crois que je n’aurai pas eu le courage de poursuivre ma lecture ! Trop douloureuses !!

En fait, elles résument parfaitement ce splendide texte.

Le roman commence dès la première phrase, par le mot « apaisée », lequel se retrouve au dernier paragraphe. C’est ce mot qui m’a aidée à poursuivre ma lecture.

Les personnes ? « Tu » et « je », puis « nous ». Entre elles , des montagnes russes de sentiments.

« Tu » est une mère futile, exigeante, exclusive, égoïste, mais elle est la mère de « je ». Donc, on ne peut que l’aimer, que quémander son amour.

« Je » est la fille, qui deviendra mère à son tour, hantée par la crainte de ne pas être à la hauteur, de reproduire ce qu’elle a vécu dans son enfance. Et tout au long du roman, j’ai été « tu », « je » et « nous ». Les montagnes russes, je les ai vécues, moi aussi, tout au long du texte, enviant parfois l’héroïne d’avoir pu être dans les bras de sa mère...

Ce fut pour moi, une lecture éprouvante, un texte lu d’une traite, un immense coup de coeur !

Et merci à Clothilde pour ce précieux conseil de lecture.


Lu par Rose-Lire


 Peu de mots suffisent à cette jeune autrice pour camper sa mère, pour faire partager au lecteur son amour pour elle malgré le traumatisme que semble avoir subi la narratrice, ayant vécu une enfance dans une agitation perpétuelle, trimballée d’appartements en appartements, d’écoles en écoles, négligée dans ses vêtements et sa nourriture !

 Certes, la première partie montre l’instabilité de cette mère, son égoïsme vis-à-vis de ceux qu’elle aime pourtant sans jamais pouvoir l’exprimer.

 Les anecdotes se succèdent permettant d’ébaucher de plus en plus précisément la vie perturbée de la fillette, puis de l’adolescente tellement seule qui a pour seul horizon affectif cette femme qui s’est éloignée des siens et finit par sombrer dans la dépression.

La deuxième partie m’a fait peur : j’ai cru, au début du premier chapitre que c’était la mère qui allait raconter son histoire quand la fille a enfin trouvé le courage de partir. Je n’avais aucune envie de voir son point de vue. Mais non! C’est la narratrice devenue mère à son tour qui va s’interroger sur sa propre vie et essayer d’analyser les problèmes de son passé en les confrontant à son comportement et ses sentiments actuels.

 Cet ouvrage (essai, roman, biographie…?) touchant mais aussi coup de poing parfois est magnifique, composé de chapitres aux paragraphes aérés qui permettent de «digérer », de réfléchir sur ce qui vient d’être dit.

Bien sûr, on ne peut s’empêcher de penser à Justine Lévy, Annie Ernaux, Delphine de Vigan  et toutes celles ou ceux qui ont parlé de leur enfance malmenée et ont surmonté leur blessure mais l’auteur en est bien consciente puisqu’elle a lu tous leurs ouvrages et de toutes façons chaque histoire est unique, originale.

Mais il ne suffit pas de raconter une enfance malheureuse, une mère toxique pour réussir un roman et ici, nous pouvons dire que Lisa Balavoine rejoint les grands écrivains avec ce texte extraordinaire de finesse, de subtilité et l’empathie qu’elle va susciter chez le lecteur.

Quel bonheur de l’avoir découvert grâce aux rencontres du cercle Délitt !




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